Tu as entendu parler du régime cétogène, peut-être même que ton médecin a fait des bonds quand tu lui en as parlé. Tu te demandes si cette alimentation est dangereuse pour ta santé ?
Spoiler : la réponse dépend de ce qu’on entend par « régime cétogène ». Parce qu’il existe en réalité DEUX versions très différentes… et c’est cette confusion qui alimente tous les débats.
Le malentendu qui change tout
Quand un médecin te parle de régime cétogène, il pense à la version thérapeutique enseignée en faculté de médecine. Quand toi, tu découvres le « régime keto » sur Instagram ou dans les magazines, tu parles d’autre chose.
Ce décalage crée une distorsion énorme dans les médias et explique pourquoi certains professionnels de santé s’inquiètent.
Les deux visages du régime cétogène
Version 1 : Le régime cétogène thérapeutique (médical)
C’est l’alimentation enseignée en Faculté de Médecine, utilisée pour traiter des pathologies comme l’épilepsie ou certains cancers.
Caractéristiques :
- Très riche en lipides (pour forcer le métabolisme à brûler du gras)
- Vise une cétose nutritionnelle très élevée
- Alimentation volontairement déséquilibrée
- Peut entraîner des carences
- Utilisée uniquement quand le rapport bénéfice/risque est acceptable
- Nécessite un suivi médical strict
Verdict : Cette version est effectivement contraignante et ne doit être pratiquée que dans un cadre thérapeutique précis.
Version 2 : L’alimentation réduite en glucides (grand public)
C’est l’approche pratiquée pour la perte de poids et l’amélioration de la santé métabolique.
Caractéristiques :
- Réduit fortement les glucides
- Privilégie les protéines animales complètes
- Utilise les graisses comme variable d’ajustement (pas comme priorité)
- La cétose n’est pas un objectif mais une conséquence possible
- Riche en bons nutriments
- N’entraîne pas de carences si pratiquée correctement
- Peut être adoptée sans danger sur le long terme
Verdict : Cette version, basée sur des aliments bruts et une réduction progressive des glucides, n’est pas dangereuse.
Pourquoi cette confusion rend les médecins nerveux
Ton médecin fait des bonds quand tu lui parles de « régime keto » parce qu’il ne comprend pas la même chose que toi.
Il imagine une alimentation hyper-grasse, déséquilibrée, à vocation thérapeutique… alors que toi, tu parles simplement de manger moins de pâtes et plus de protéines.
Aucun médecin n’a d’objection à une alimentation basée sur :
- La réduction des glucides raffinés
- La consommation d’aliments bruts
- L’augmentation des protéines de qualité
- La stabilisation de l’insuline
Le régime cétogène bien mené n’est pas dangereux
Une alimentation pauvre en glucides, bien conduite, présente de nombreux avantages :
Pour le métabolisme :
- Stabilise la sécrétion d’insuline
- Rétablit la flexibilité métabolique
- Réduit l’inflammation chronique
- Améliore les signaux de faim et de satiété
Pour la santé générale :
- Fournit au cerveau un carburant plus stable
- Soutient la masse musculaire (grâce aux protéines)
- Apporte tous les nutriments essentiels
- Diminue les compulsions alimentaires
Pour la perte de poids :
- Facilite la combustion du gras stocké
- Maintient l’énergie stable
- Permet de perdre du poids durablement
Les vrais critères d’une alimentation pauvre en glucides saine
Pour que ta réduction des glucides soit bénéfique et sans danger, voici ce qui compte vraiment :
1. Privilégier les aliments bruts
Oublie les produits transformés, même « keto-friendly ». Une alimentation saine se compose de viande, poisson, œufs, légumes verts, bons gras naturels.
2. Manger suffisamment de protéines
C’est la base. Les protéines soutiennent ta masse musculaire, accélèrent ton métabolisme et favorisent la satiété. Un gros morceau de viande, de poisson ou 3-4 œufs par repas.
3. Ne pas se gaver de gras
Contrairement à ce qu’on lit souvent, le régime cétogène bien mené n’est pas une course au beurre. Les graisses sont un ajustement, pas une priorité. L’objectif est de brûler TON gras stocké, pas celui que tu manges.
4. Supprimer les produits inflammatoires
Sucres et farines raffinées entretiennent l’inflammation. Les éliminer est l’un des bénéfices majeurs de cette approche.
5. Ne pas obséder sur la cétose
La cétose n’est pas une condition indispensable à la perte de poids. Tu peux tout à fait relancer ton métabolisme sans viser une cétose stricte. Ce n’est pas « être en cétose » qui fait perdre du poids, c’est l’ensemble des modifications alimentaires.
La cétose : utile mais pas obligatoire
C’est quoi la cétose ?
La cétose est un état métabolique naturel où ton corps utilise les graisses comme principale source d’énergie et produit des corps cétoniques.
Cela arrive spontanément la nuit, pendant le jeûne, ou lors d’une activité physique. C’est un phénomène normal qui permet au corps de continuer à fonctionner sans avoir besoin de manger toutes les deux heures.
Faut-il être en cétose pour perdre du poids ?
Non. Ce qui compte pour perdre du poids :
- Réduire les pics d’insuline
- Rétablir la flexibilité métabolique
- Rééquilibrer les signaux de faim et de satiété
Tu peux relancer ton métabolisme et déstocker les graisses sans viser une cétose stricte.
Les signes possibles de cétose
Certains indicateurs peuvent suggérer une cétose :
- Haleine plus métallique ou « fruitée »
- Baisse de l’appétit
- Regain d’énergie stable
- Meilleure concentration
Mais ces signes varient d’une personne à l’autre et ne sont pas un indicateur absolu de succès.
Peut-on être en cétose sans le chercher ?
Oui. Beaucoup de personnes atteignent une cétose légère à modérée simplement en adoptant une assiette riche en nutriments et pauvre en glucides. Mais ce n’est ni une obligation, ni un objectif en soi.
Les erreurs qui rendent le régime cétogène problématique
Certaines pratiques peuvent effectivement poser problème :
Erreur 1 : Se concentrer uniquement sur les « macros »
Les ratios rigides (tant de % de lipides, protéines, glucides) font perdre de vue l’essentiel : la qualité des aliments.
Erreur 2 : Manger trop gras
Beurre, huile, crème à volonté… Si tu manges trop gras, tu ne brûleras pas ton gras stocké. La cétonémie peut monter sans que la balance descende.
Erreur 3 : Négliger les protéines
À la ménopause particulièrement, la perte musculaire est naturelle. Sans protéines suffisantes, le métabolisme ralentit.
Erreur 4 : Utiliser des produits transformés « keto »
Barres, poudres, substituts… Ces produits sont souvent remplis d’additifs et n’apportent pas les nutriments dont ton corps a besoin.
Erreur 5 : Obsession de la cétonémie
Mesurer ses cétones plusieurs fois par jour et chercher à atteindre un taux arbitraire fait perdre de vue ce qui compte : ton énergie, ton sommeil, ta satiété, ta perte de poids.
Mon approche : l’alimentation réduite en glucides
C’est pour toutes ces raisons que je préfère parler d’alimentation réduite en glucides plutôt que de « régime cétogène ».
Cette approche consiste à :
- Réduire progressivement et individuellement les glucides
- Construire chaque assiette autour des protéines
- Intégrer des légumes verts (pas plus d’un quart de l’assiette)
- Ajouter du bon gras naturel (environ un quart de l’assiette)
- Éliminer les produits transformés
- Ne pas obséder sur la mesure des cétones
Le mot de la fin
Le régime cétogène n’est pas dangereux quand il est bien mené, c’est-à-dire quand il s’apparente à une alimentation réduite en glucides, riche en protéines et en bons nutriments.
Ce qui est dangereux, c’est :
- La confusion entre version thérapeutique et version grand public
- L’obsession des ratios au détriment de la qualité
- Se gaver de gras sans réfléchir
- Négliger les protéines
- Perdre de vue l’objectif : nourrir correctement son métabolisme
La cétose peut être un allié, mais ce n’est jamais une obligation. Ce qui compte, c’est de comprendre les mécanismes de ton métabolisme et de lui redonner ce dont il a besoin : des aliments bruts, une glycémie stable, des signaux clairs.
Note : Cet article reflète mon approche personnelle en tant que coach nutrition. Pour toute pathologie spécifique nécessitant une cétose thérapeutique, consulte un médecin spécialisé.